« Les délices de Tokyo » film de Naomi Kawase, Janvier 2016

la bande annonce du film:

la critique de Télérama:

SYNOPSIS

Installé dans une petite cahute, en plein coeur de Tokyo, Sentaro vend des dorayakis, des pâtisseries traditionnelles japonaises, constituées de deux pancakes fourrés d’une pâte confite de haricots rouges. Parmi ses clients réguliers, la jeune Wakana, lycéenne, égaie ses journées solitaires. Mais tout bascule quand un jour, Tokue, une dame de 70 ans, propose à Sentaro ses services de cuisinière. D’abord réticent, l’homme finit par accepter de l’embaucher. Bien lui en prend, la recette de la sympathique vieille dame, aussi simple qu’inimitable, connaît très rapidement un vif succès et fait de l’échoppe un rendez-vous incontournable…

LA CRITIQUE LORS DE LA SORTIE EN SALLE DU 27/01/2016

On aime beaucoup

On dirait un conte. Dans un jardin public de Tokyo, un homme un peu triste vendait sans succès ses dorayakis, des gâteaux fourrés à la pâte de haricots rouges. Survint une vieille dame qui proposa de faire cuire les haricots à sa façon. Et les dorayakis se vendirent comme des petits pains. Jusqu’au jour où les mains rougies et déformées de cette vieille dame, nommée Tokue, attirèrent l’attention des clients, qui se mirent à la regarder comme une sorcière…

Cette adaptation d’un roman de Durian Sukegawa ouvre un univers d’étonnants contrastes. Il y a la douceur presque sucrée de Tokue, tendre comme ses gâteaux. Mais aussi la ­douleur secrète qu’elle porte en elle et qui fait resurgir un passé tabou : l’époque où le Japon condamnait à l’enfermement les malades de la lèpre. Chaque existence est faite de blessures. Le vendeur de dorayakis en cache, lui aussi, plus banales, mais non moins lourdes à porter.

Tout en menant ce récit avec simplicité et candeur, Naomi Kawase (Still the water) ne cesse d’y chercher matière à une élévation. Elle reste ainsi ­fidèle à l’élan de spiritualité qui parcourt son cinéma, mais trouve, à tra­vers le personnage de Tokue, une ­manière plus émouvante d’exprimer sa foi en des forces invisibles présentes dans notre monde quotidien. La spécialiste des dorayakis n’a pas son pareil pour recommander d’écouter ce que racontent les haricots rouges ou les feuilles de cerisier. Elle ouvre un chemin vers la grâce et la possibilité de surmonter les épreuves. Et Naomi Kawase nous fait, avec ferveur, passer d’une recette de cuisine à une leçon de vie. — Frédéric Strauss
Frédéric Strauss

Les commentaires:

Etoile rouge Etoile rouge Etoile rouge Etoile gris Etoile gris nanou19 | 25/02/2016 à 23h53

c’est la poésie du japon , les cerisiers en fleurs , la nature toujours présente , la lenteur , la douceur .mais la photo n’est pas belle . ON Est bien loin , malgré la même philosophie , des contes de la princesse Kaguya .

Etoile rouge Etoile rouge Etoile rouge Etoile rouge Etoile rouge zorbulgue | 24/02/2016 à 17h45

Film magnifique, un peu étrange. Des personnages pas ordinaires. Beaucoup d’empathie, de la poésie. Film lent mais sans ennui. Et on y apprend des choses surprenantes sur le Japon.

1 internaute sur 1 a trouvé cet avis intéressant.

Etoile rouge Etoile rouge Etoile rouge Etoile rouge Etoile rouge ClémentB | 09/02/2016 à 11h08

Effectivement on dirait un conte. Un homme tient une boutique de dorayaki sans conviction, mais pour s’affranchir d’une dette. Une petite vieille, répondant à la petite annonce d’embauche, propose ses services et vient bouleverser le quotidien de cet homme en lui apprenant la recette de la pâte Han qui farcie les dorayakis…

On pourrait en parler des heures, tellement ce film est d’une poésie et d’un réalisme, aussi bien dans son scénario que dans ses cadrages mélancoliques. Contrairement à ce que le titre français laisse entendre, ils n’y est pas uniquement question de cuisine. Les relations humaines, le rejet de la société envers ces personnages marginalisés pour différentes raisons… Tout est parfaitement calibré. Après Still the water, la très prolifique Naomi Kawase réussit un nouveau tour de force, ni trop sucré, ni trop salé.

Etoile rouge Etoile rouge Etoile rouge Etoile rouge Etoile rouge coricella | 07/02/2016 à 18h44

Je ne détaillerai pas aussi longuement que mes prédécesseurs. Je dirai tout court que ce film est merveilleux et délicat. J’ai, moi aussi, beaucoup aimé.

Etoile rouge Etoile rouge Etoile rouge Etoile rouge Etoile rouge sagittaire1256 | 05/02/2016 à 08h39

Un très joli film. Conte initiatique où rien ne court, et, pour autant, je n’ai pas senti le temps passer, absorbée par la belle simplicité de ce films. Bravo

Etoile rouge Etoile rouge Etoile rouge Etoile rouge Etoile gris gillesjean | 04/02/2016 à 12h47

Un très beau film humaniste, social, sensible, poétique et subtil au travers de la rencontre entre une vieille dame, un homme et une lycéenne, trois personnages très attachants. Un hymne magnifique à la vie. Pour la recette des dorayakis, on peut la noter en voyant le film, sinon c’est là : http://www.nautiljon.com/recettes/japonaises/ichigo+dorayaki,303.html

et là pour la confiture de haricots rouges (azuki) :

http://www.marmiton.org/recettes/recette_azuki-ou-confiture-de-haricots-rouges-japon_13935.aspx

Régalez-vous !

Etoile rouge Etoile rouge Etoile rouge Etoile rouge Etoile rouge benoitdecornulier | 03/02/2016 à 23h47

Ses dorayakis sont excellents.

Son film est un pur délice.

Etoile rouge Etoile rouge Etoile rouge Etoile rouge Etoile rouge Poet75 | 01/02/2016 à 17h54

Heureusement que, de temps à autre, quelques collégiennes sortant d’un établissement voisin viennent égayer son échoppe, sans quoi les journées y seraient bien mornes. Sentaro, le gérant du commerce, porte l’ennui sur son visage. Il y fabrique et il y vend, comme il peut, des dorayakis, spécialité japonaise qui se compose de deux petites crêpes fourrées à la crème de haricots rouges confits. Mais tout change ou s’apprête à changer, le jour où passe par là une vieille dame un peu lunaire et tout absorbée par les émerveillements que suscitent chez elle les beautés simples du monde. Elle s’appelle Tokue et, voyant sur une affiche que Sentaro est à la recherche d’une aide, elle propose ses services : la crème de haricots rouges, elle la fait mieux que personne !

D’abord rétif, Sentaro, après avoir goûté un échantillon du savoir-faire de Tokue, se laisse convaincre et l’engage. Grand bien lui prend : les dorayakis sans saveur laissent place à de merveilleux petits délices qui ont tôt fait d’attirer des ribambelles de clients. C’est vrai, Tokue n’a pas son pareil pour fabriquer sa pâte de haricots rouges et tout le monde est sous le charme !

Tout le monde, sauf la patronne du commerce, qui vient de temps à autre y faire sa visite. Car « Les Délices de Tokyo » n’est pas seulement un gentil film culinaire, mais bien plus que cela. Une anomalie, pourrait-on dire, n’a pas échappé à la patronne : c’est l’aspect qu’ont les mains et les doigts de Tokue. Celle-ci d’ailleurs n’en avait pas fait mystère : dès son engagement, elle avait signifié à Sentaro qu’elle pouvait avoir quelques difficultés à se servir de ses doigts, suite à une maladie contractée dans sa jeunesse. Et, de fait, elle en porte les stigmates : ses mains sont tachées et ses doigts déformés.

Ces signes-là, nous les connaissons, ce sont ceux de la lèpre. Tokue en est guérie depuis longtemps, mais les marques restent et elles suffisent à effrayer. Au Japon, comme partout dans le monde, là où sévit cette maladie, on excluait les malades de la société. Certes, on ne les reléguait pas sur une île comme aux Hawaï du temps de saint Damien, mais on les confinait dans une léproserie d’où il leur était interdit de sortir. Une loi datant de 1907 préconisait leur internement forcé, loi qui n’a été abolie qu’en 1996 ! Et aujourd’hui encore, affirme la réalisatrice dans une interview, et même si l’Etat offre des indemnités aux malades ou aux anciens malades, les discriminations subsistent.

La lèpre fait encore peur, nous rappelle ce film, ou, en tout cas, elle fait peur à certains. D’autres, heureusement, n’en restent pas aux apparences. Dans « Les Délices de Tokyo », ce sont les blessés de la vie, ceux qui vivent ou ont vécu des épreuves, qui regardent non pas seulement avec les yeux mais avec le cœur. Sentaro, le gérant du commerce de dorayakis, cache lui aussi son douloureux secret. De même que Wakana, une des collégiennes qui s’y donnent volontiers rendez-vous, et dont la situation familale n’est pas des plus aisées. Ce sont eux qui non seulement acceptent Tokue, mais pratiquent une sorte de communion de cœur et d’esprit avec elle. Ce sont eux qui lui seront fidèles jusqu’au bout, sans crainte de quoi que ce soit.

Car des trésors de sensibilité, d’émotion et de poésie se dévoilent dans ce film aux airs de petite œuvre qui risque de passer inaperçue. Ce serait bien dommage. La vérité, c’est qu’on a affaire à une superbe réalisation et à de très bons acteurs. Et les spectateurs qui l’auront vue ne l’oublieront pas de si tôt ! 8,5/10

Etoile rouge Etoile rouge Etoile rouge Etoile rouge Etoile gris islander | 28/01/2016 à 16h55

Kawase,une réalisatrice (.) qui confirme film après film…..Là elle choisit de parler d’une relation entre une vieille femme et un homme restaurateur de dorayaki ( sortes de pancake fourrés)…..C’est un film d’amour, amour de la cuisine (quelle passion autour des haricots rouges, quel savoir faire partagé), amour de la nature, l’émerveillement est mélodieux voir merveilleux, amour des gens ( une relation va naitre, subtile, et que la réalisatrice explique en fin de film)….Les seconds rôles sont très intéressants (les lycéennes) Autant le dire on est dans la délicatesse, la tristesse parfois, et règne une profonde mélancolie (presque trop) dans les dialogues……Il y a même un passage trop excessif à mon gout où l’on est dans le « larmoyant »….Le temps expliquera les actes de chacun, il y a de la philosophie naturaliste et des sentiments subtils qui ne pourront qu’enrichir le spectateur…..UN film qui se voit autant qu’il s’écoute……J’ai beaucoup aimé

  Etoile rouge Etoile rouge Etoile rouge Etoile gris Etoile gris Thomas Li | 28/01/2016 à 16h12

 

 Un Tokyo de carte postale. Les sakuras, le rapport à la nature et aux saisons. Pas mal. Pas dingue non plus. Un poil longuet. Et trop sucré à mon goût.

Une réflexion au sujet de « « Les délices de Tokyo » film de Naomi Kawase, Janvier 2016 »

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