{"id":8472,"date":"2020-05-27T14:33:58","date_gmt":"2020-05-27T13:33:58","guid":{"rendered":"https:\/\/www.labelleviededaniel.fr\/?p=8472"},"modified":"2024-11-05T12:04:46","modified_gmt":"2024-11-05T11:04:46","slug":"au-nom-du-pere-serie-tv-danoise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.labelleviededaniel.fr\/?p=8472","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Au nom du p\u00e8re\u00a0\u00bb, s\u00e9rie TV danoise"},"content":{"rendered":"<p>Entretien avec Adam Price, r\u00e9alisateur de la s\u00e9rie \u00a0\u00bb Au nom du P\u00e8re\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" title=\"YouTube video player\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/1ZnzMhElyyk?si=WU2G6TlCTA7lqISE\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><br \/>\nSource : 824 vues 12 oct. 2021 #CANNESERIES<br \/>\nSi la fiction internationale se porte aussi bien, c\u2019est en grande partie gr\u00e2ce au talent du showrunner danois Adam Price. Le succ\u00e8s exceptionnel de la s\u00e9rie<strong> Borgen<\/strong>, une femme au pouvoir, a en effet prouv\u00e9 que des s\u00e9ries, quelles que soient leur langue et leur nationalit\u00e9, pouvaient voyager \u00e0 travers le monde. C\u2019est donc en v\u00e9ritable pr\u00e9curseur qu\u2019Adam Price, \u00e0 qui l\u2019on doit \u00e9galement la s\u00e9rie <strong>Au nom du p\u00e8re<\/strong>, t\u00e9moigne pour CANNESERIES, alors que la suite de Borgen est attendue prochainement sur Netflix.<\/p>\n<p>Adam Price est un sc\u00e9nariste et dramaturge r\u00e9compens\u00e9 et reconnu \u00e0 l\u2019international. Il est le cr\u00e9ateur et sc\u00e9nariste principal de la s\u00e9rie politique dramatique Borgen, vendue dans plus de 80 pays et r\u00e9compens\u00e9e par le BAFTA du Meilleur Drame International, un Prix Italia, un FIPA d\u2019Or du Meilleur Drame, un Peadoby Award ainsi que le Prix de la T\u00e9l\u00e9vision Danoise du Meilleur Drame sur trois ann\u00e9es cons\u00e9cutives. Il travaille actuellement \u00e0 la quatri\u00e8me saison de Borgen pr\u00e9vue pour 2022 sur DR. Sa derni\u00e8re s\u00e9rie Ragnarok est disponible dans le monde entier sur Netflix. Avant tout \u00e7a, Adam a cr\u00e9\u00e9 et \u00e9crit Ride Upon the Storm (drame DR, 2017-2018), r\u00e9compens\u00e9 par le Prix International Content London C21 du Meilleur Drame Etranger mais aussi par le prix de la Meilleur S\u00e9rie de T\u00e9l\u00e9vision Danoise deux ann\u00e9es de suite. Conversation mod\u00e9r\u00e9e par Emilie Semiramoth<\/p>\n<h2>A propos de la s\u00e9rie \u00a0\u00bb Au nom du p\u00e8re\u00a0\u00bb<\/h2>\n<p>Les s\u00e9ries sur la foi peuvent souvent sombrer dans l\u2019\u00e9cueil du grandiloquent. Entre tirades ampoul\u00e9es, yeux tourn\u00e9s vers le ciel et morceaux de bravoure grand spectacle, elles s\u2019\u00e9chinent sur leur chemin de croix. T\u00e9moin, cette risible La Bible que la cha\u00eene am\u00e9ricaine History avait propos\u00e9 en 2013, et qui entendait retracer, de No\u00e9 \u00e0 J\u00e9sus, les grandes heures de l\u2019aventure jud\u00e9o-chr\u00e9tienne. Peine perdue car les sc\u00e9naristes avaient oubli\u00e9 ce qui doit avant tout faire le sel de toute fiction, l\u2019histoire.<\/p>\n<p>C\u2019est, a contrario, ce qu\u2019avaient parfaitement int\u00e9gr\u00e9 et r\u00e9ussi les auteurs de la s\u00e9rie produite par la cha\u00eene franco-allemande Arte en 2012, \u00ab\u00a0Ainsi soient-ils\u00a0\u00bb. Ainsi que ceux de la mini-s\u00e9rie allemande de Netflix diffus\u00e9e en mars dernier, \u00ab\u00a0Unorthodox\u00a0\u00bb. Car, plus que la croyance ou la religion, ces \u0153uvres s\u00e9rielles s\u2019int\u00e9ressaient \u00e0 ces hommes, qui la pratiquent ou qui veulent s\u2019en d\u00e9faire.<\/p>\n<h3>Domination et emprise<\/h3>\n<p>\u00ab Au nom du p\u00e8re \u00bb est de cette trempe l\u00e0, s\u2019attachant davantage aux passions tr\u00e8s humaines d\u2019une dysfonctionnelle famille de pasteurs de Copenhague et aux enjeux de soci\u00e9t\u00e9 qu\u2019aux rituels liturgiques. Il faut dire que le showrunner aux manettes des deux saisons de la remarquable s\u00e9rie danoise est Adam Price, le plus en vue des sc\u00e9naristes nordiques, \u00ab p\u00e8re \u00bb de l\u2019in\u00e9gal\u00e9e \u00ab Borgen \u00bb, narrant la trajectoire d\u2019une cheffe de parti centriste devenue Premi\u00e8re ministre aux prises avec ses opposants et ses inextricables liens familiaux. Des arcanes du pouvoir politique, Adam Price est donc, tout naturellement, pass\u00e9 \u00e0 ceux de la souverainet\u00e9 familiale et religieuse.<\/p>\n<p>Car, l\u00e0 aussi, il est question de domination, d\u2019emprise et de puissance. Dans la famille Krogh, on est pasteur de p\u00e8re en fils depuis 250 ans, pas question d\u2019\u00e9chapper \u00e0 la sainte mission. Le p\u00e8re, Johannes, \u00e9crasante et ambivalente figure paternelle, intens\u00e9ment interpr\u00e9t\u00e9 par Lars Mikkelsen (The Killing, House Of Cards) qui a d\u00e9croch\u00e9 un Emmy Award pour ce r\u00f4le, y veille en despote col\u00e9rique, charismatique mais peu \u00e9clair\u00e9. Ses deux fils, Christian, camp\u00e9 par Simon Sears (Winter Brothers), et August (Morten Hee Andersen, vu dans The Charmer) questionnent son autorit\u00e9 en prenant des chemins, en apparence s\u00e9par\u00e9s. Le premier peine \u00e0 trouver sa voie, qui se veut radicalement diff\u00e9rente de celle de son p\u00e8re, jusqu\u2019\u00e0 incarner une sorte de bouddhiste new \u00e2ge.<\/p>\n<p>Le second, traumatis\u00e9 par la mort d\u2019une jeune femme, alors qu\u2019il servait comme aum\u00f4nier militaire en Afghanistan, a bien du mal \u00e0 marcher sur les traces paternelles. Elisabeth, leur m\u00e8re, interpr\u00e9t\u00e9e par Ann Eleonora Jorgensen (The Killing), \u00e9puis\u00e9e par l\u2019alcoolisme et les infid\u00e9lit\u00e9s chroniques de son pasteur de mari, qui vient d&rsquo;\u00eatre battu aux \u00e9lections \u00e9piscopales \u2013 l\u2019Eglise luth\u00e9rienne \u00e9vang\u00e9lique du Danemark est une \u00e9glise d\u2019Etat qui \u00e9lit ses repr\u00e9sentants, est tomb\u00e9e dans le client\u00e9lisme et pense en termes de parts de march\u00e9 ! \u2013, cherche, elle, \u00e0 vivre et \u00e0 aimer de nouveau.<\/p>\n<h3>Pardonner et se pardonner<\/h3>\n<p>C\u2019est sur ce terreau \u00e9motionnel instable de transmission interg\u00e9n\u00e9rationnelle revisitant le mythe de Ca\u00efn et Abel, tout autant que celui d\u2019Abraham et Isaac, que se cl\u00f4turait la fervente premi\u00e8re saison d\u2019\u00ab Au nom du p\u00e8re \u00bb. Avec des doutes, des interrogations et la mort tragique d\u2019August, incapable de continuer \u00e0 mentir sur le r\u00f4le qu\u2019il avait jou\u00e9 dans l\u2019ex\u00e9cution de la jeune Afghane, incapable de supporter cette mort qui signait aussi la sienne.<\/p>\n<p>La seconde saison intervient dix-huit mois apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s d\u2019August. Les personnages se d\u00e9battent avec leurs souffrances, leur d\u00e9sespoir, leur culpabilit\u00e9 et ont bien du mal \u00e0 pardonner et se pardonner. Le cadre religieux sert de calice \u00e0 Adam Price et \u00e0 ses deux cosc\u00e9naristes, Karina Dam et Poul Berg, pour aborder l\u2019incommunicabilit\u00e9 entre les \u00eatres. Des \u00eatres d\u2019une m\u00eame famille, qui ont appris \u00e0 ne pas partager leurs \u00e9motions.<\/p>\n<p>De la question centrale de la premi\u00e8re saison, \u00ab qui prier quand on perd ses rep\u00e8res ? \u00bb, on glisse fatalement, dans la seconde, \u00e0 \u00ab par quoi ou par qui notre humanit\u00e9 peut-elle remplacer Dieu ? \u00bb. Le vivre-ensemble et la solidarit\u00e9, atteste Adam Price. Et de faire parcourir \u00e0 ses personnages un long chemin de l\u2019ombre \u00e0 la lumi\u00e8re pour parvenir \u00e0 une sorte de r\u00e9demption, toute personnelle. Johannes, qui porte, lui aussi, la charge mentale de sa lign\u00e9e luth\u00e9rienne rigoriste, va rompre avec l\u2019institution religieuse. Elisabeth va enfin retrouver sa libert\u00e9. Christian va renouer avec sa foi. Et tous vont enfin pouvoir faire le deuil d\u2019August, individuellement et collectivement. Une sorte de r\u00e9surrection familiale, symbolis\u00e9e par le petit Anton, le fils qu\u2019August n\u2019a pas connu.<\/p>\n<p>\u00ab Au nom du p\u00e8re \u00bb, avec son titre chr\u00e9tien et psychanalytique, est aussi un miroir tendu aux autres religions monoth\u00e9istes \u2013 nombre de seconds r\u00f4les sont musulmans et juifs, et leurs interactions r\u00e9v\u00e8lent toutes les failles de la soci\u00e9t\u00e9 danoise \u2013, \u00e0 la proximit\u00e9, plus qu\u2019aux diff\u00e9rences, qu\u2019elle partage. A l\u2019heure o\u00f9 les conflits bas\u00e9s sur des convictions religieuses enflamment le monde, \u00ab Au nom du p\u00e8re \u00bb propose des pistes de r\u00e9flexion au lieu de d\u00e9livrer des r\u00e9ponses.<\/p>\n<h3>Humains imparfaits<\/h3>\n<p>Avec une efficacit\u00e9 narrative, une mise en sc\u00e8ne toute bergmanienne, entre r\u00e9alisme et fantastique, o\u00f9 un regard en dit plus que de vains monologues, et des images m\u00e9taphysiques saisissantes \u2013 entre autres, celles de la renaissance d\u2019un rouge-gorge, de rideaux volant au gr\u00e9 des vents ou d\u2019une rose qui fl\u00e9trit sur une nappe \u2013, et une interpr\u00e9tation habit\u00e9e, cette passionnante s\u00e9rie danoise enfonce le clou dans le bois des certitudes : nous ne sommes, ath\u00e9es et hommes de foi, que des humains bien imparfaits. C\u2019est au prix de l\u2019acceptation de cette douloureuse v\u00e9rit\u00e9 que nous pouvons affronter nos dilemmes moraux. Et apprendre \u00e0 mieux vivre. Avec nous-m\u00eames et avec les autres.<\/p>\n<p>\u00ab Au nom du p\u00e8re \u00bb est un miracle cathodique dont il faudra malheureusement se passer. Adam Price l\u2019a confirm\u00e9 : il n\u2019y aura pas de troisi\u00e8me saison. Mais le showrunner planche d\u00e9j\u00e0 sur une quatri\u00e8me de \u00ab Borgen \u00bb, qui devra voir le jour en 2022. Tout n\u2019est pas perdu.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"mm-0\" class=\"mm-page mm-slideout\">\n<div>\n<div id=\"habillagepub\" class=\"wrapper page--article\">\n<article>\n<header class=\"block block--white article--header\">\n<div class=\"block--container\">\n<div class=\"article--category category\"><\/div>\n<h3>\u201cAu nom du p\u00e8re\u201d, la nouvelle s\u00e9rie spirituelle du cr\u00e9ateur de \u201cBorgen\u201d<\/h3>\n<div>\n<ul>\n<li>Pierre Langlais de T\u00e9l\u00e9rama<\/li>\n<li>Publi\u00e9 le 29\/11\/2018. Mis \u00e0 jour le 29\/11\/2018 \u00e0 11h39.<\/li>\n<\/ul>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/header>\n<section>\n<div>\n<div>\n<figure><img decoding=\"async\" title=\"Tine Harden\/Danmarks Radio\/Arte France\/Sam Productions\" src=\"https:\/\/www.telerama.fr\/sites\/tr_master\/files\/styles\/simplecrop1000\/public\/au_nom_du_pere_ride_upon_the_storm_serie_tv_2017_s1_ep1_03_ver_1_0.jpg?itok=5Kin0ACn&amp;sc=55ef303c089cd4295b2c2051bf28362e\" alt=\"\u00ab\u2009Au nom du p\u00e8re s\u2019int\u00e9resse \u00e0 une erreur aussi vieille que la masculinit\u00e9\u2009: celle de faire porter \u00e0 nos enfants le fardeau de notre propre h\u00e9ritage.\u2009\u00bb&amp;nbsp;Adam Price. \" \/><figcaption><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"block block--white article--body\">\n<div class=\"block--container\">\n<div class=\"article--text\">\n<div id=\"article--sidebar-right\">\n<div><\/div>\n<\/div>\n<div>\n<p>Le destin des Krogh, pasteurs depuis des g\u00e9n\u00e9rations, semble scell\u00e9\u2026 jusqu\u2019\u00e0 ce que le doute s\u2019insinue. Apr\u00e8s le monde de la politique, Adam Price s\u2019attache \u00e0 d\u00e9crire la complexit\u00e9 des liens familiaux. Diffus\u00e9 sur Arte \u00e0 partir jeudi 29 novembre, la saison 1 est disponible en int\u00e9gralit\u00e9 sur arte.tv.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article--wysiwyg wysiwyg \">\n<p>En 2012, le sc\u00e9nariste Adam Price travaille \u00e0 l\u2019\u00e9criture de l\u2019ultime saison de <a href=\"https:\/\/www.telerama.fr\/tag\/borgen\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Borgen<\/a>, sa s\u00e9rie sur la Premi\u00e8re ministre danoise, quand il entend \u00e0 la radio un reportage sur l\u2019\u00e9lection de l\u2019\u00e9v\u00eaque de Copenhague. \u00ab Je ne savais pas que nous \u00e9lisions nos eccl\u00e9siastiques, se souvient-il. \u00c7a m\u2019a fascin\u00e9 d\u2019apprendre que nous votons pour les repr\u00e9sentants de Dieu dans la soci\u00e9t\u00e9. \u00bb Il d\u00e9cide alors de faire de l\u2019Eglise luth\u00e9rienne, v\u00e9ritable institution \u00e9tatique, le cadre de son prochain drame, Au nom du p\u00e8re. Sa s\u00e9rie met en sc\u00e8ne les Krogh, pasteurs de p\u00e8re en fils depuis deux cent cinquante ans. \u00adJohannes, le patriarche (Lars Mikkelsen), brigue l\u2019\u00e9piscopat avec le soutien de son \u00e9pouse, Elisabeth (Ann Eleonora J\u00f8rgensen). Leur fils a\u00een\u00e9, Christian (Simon Sears), a rejet\u00e9 la tradition et cherche maladroitement sa voie, pendant que son petit fr\u00e8re, August (Morten Hee Andersen), pr\u00eacheur populaire, peine \u00e0 donner du sens \u00e0 sa vocation. Une mission d\u2019aum\u00f4nier militaire au Moyen-Orient va bouleverser sa vie et celle de toute la famille\u2026<\/p>\n<h3>Un Borgen\u00a0sauce eccl\u00e9siastique<\/h3>\n<p>Les premiers \u00e9pisodes d\u2019Au nom du p\u00e8re pourraient \u00e9voquer une d\u00e9clinaison de Borgen, \u00ab dans un milieu parfois plus politique encore que la sph\u00e8re gouvernementale, tant la religion est au c\u0153ur des conflits et des grandes questions du moment \u00bb, analyse Adam Price. Ils d\u00e9crivent subtilement le fonctionnement de l\u2019Eglise luth\u00e9rienne, son administration locale et son approche presque commerciale de la foi, avec budget, promotion, \u00e9v\u00e9nements, etc. \u00ab C\u2019est une entreprise qui doit \u00eatre rentable, mais dont les clients sont vieillissants et qui souffre face \u00e0 une \u201cconcurrence\u201d bien plus jeune \u00bb, r\u00e9sume le sc\u00e9nariste. Au point de devoir contraindre certains temples \u00e0 mettre la cl\u00e9 sous la porte, les audiences de leur messe du dimanche n\u2019\u00e9tant pas satisfaisantes \u2013 \u00ab un peu comme \u00e0 la \u00adt\u00e9l\u00e9 \u00bb, poursuit-il.<\/p>\n<p>Plus encore que Borgen, Au nom du p\u00e8re s\u2019appuie sur ce contexte politico-social pour d\u00e9velopper une r\u00e9flexion intime. Elle revisite deux mythes bibliques, Abel et Ca\u00efn (ici August et Christian) et, surtout, Abraham et Isaac \u2013 \u00ab Etes-vous pr\u00eat \u00e0 sacrifier ce que vous aimez le plus, votre fils, pour servir une forme d\u2019absolu ? \u00bb interroge Adam Price. \u00ab Borgen r\u00e9fl\u00e9chissait \u00e0 la place d\u2019une femme dans la soci\u00e9t\u00e9 danoise, \u00e0 travers la sph\u00e8re politique. Au nom du p\u00e8re s\u2019int\u00e9resse aux relations entre un p\u00e8re et ses fils, \u00e0 l\u2019image des hommes dans le monde contemporain, et \u00e0 une erreur aussi vieille que la masculinit\u00e9 : celle de n\u2019aimer ses enfants qu\u2019\u00e0 l\u2019aune de leur r\u00e9ussite, et de leur faire ainsi porter le fardeau de notre propre h\u00e9ritage. \u00bb \u00adJohannes aurait voulu \u00eatre peintre. Son p\u00e8re l\u2019a forc\u00e9 \u00e0 rev\u00eatir l\u2019habit pastoral, et il pense pouvoir contraindre \u00e0 son tour August et Christian. Deux enfants \u00ab qui le regardent comme un dieu \u00bb, analyse Adam Price, mais qui vont bient\u00f4t questionner son autorit\u00e9, en m\u00eame temps que leur rapport \u00e0 la religion.<\/p>\n<h3>Du cadre sacr\u00e9 \u00e0 la difficult\u00e9 de communiquer<\/h3>\n<p>La s\u00e9rie fait ainsi vaciller les rep\u00e8res de chacun de ses personnages. \u00ab Le doute est omnipr\u00e9sent. Les croyants \u00e9chouent \u00e0 trouver des r\u00e9ponses dans leur foi, et les ath\u00e9es voient leurs convictions morales secou\u00e9es \u00bb, explique le sc\u00e9nariste. Johannes, pasteur brillant, passionn\u00e9 mais col\u00e9rique battu aux \u00e9lections \u00e9piscopales, est rattrap\u00e9 par ses fant\u00f4mes ; Elisabeth, \u00e9puis\u00e9e par ses divagations, son alcoolisme et son infid\u00e9lit\u00e9 chronique, se rapproche d\u2019une amie amatrice d\u2019une forme de chamanisme ; August, atteint d\u2019un syndrome post-traumatique s\u00e9v\u00e8re, se transforme en bon Samaritain, et Christian part au N\u00e9pal se ressourcer avec son meilleur ami\u2026 C\u2019est sur ce terrain \u00e9motionnel instable que la \u00ads\u00e9rie formule peu \u00e0 peu son questionnement central : \u00ab Qui prier quand on perd ses rep\u00e8res, quand le doute l\u2019emporte, quand on remet en question sa foi ? \u00bb r\u00e9sume Adam Price.<\/p>\n<p>Johannes, dans les visions mystiques qui l\u2019agitent et qui ponctuent cette premi\u00e8re saison d\u2019Au nom du p\u00e8re, s\u2019adresse autant au Seigneur qu\u2019\u00e0 son ego malade. \u00ab Il s\u2019imagine \u00eatre connect\u00e9 au Ciel, mais les sentiments qui le tourmentent sont on ne peut plus humains, terre \u00e0 terre : possession, pouvoir, jalousie\u2026 \u00bb analyse Adam Price. Sans abandonner son cadre sacr\u00e9, la s\u00e9rie glisse lentement vers un pur drame sur la complexit\u00e9 des liens familiaux et la difficult\u00e9 de communiquer. Incapables de partager leurs \u00e9motions, les membres de la famille Krogh se recentrent, en qu\u00eate d\u2019une meilleure version d\u2019eux-m\u00eames. \u00ab Nous vivons une \u00e9poque \u00e9gocentrique, o\u00f9 l\u2019individualisation s\u2019accentue sans cesse, s\u2019inqui\u00e8te Price. Il fut un temps o\u00f9 l\u2019Eglise \u00e9tait le \u00adciment de la communaut\u00e9. Nous sommes d\u00e9sormais trop occup\u00e9s \u00e0 faire des selfies pour montrer au monde \u00e0 quel point nos vies sont parfaites. \u00bb Dans les ultimes \u00e9pisodes se dessine une alternative \u00e0 ce repli \u00e9gotiste, qui sera au c\u0153ur de la seconde saison, r\u00e9sum\u00e9e ainsi par Adam Price : \u00ab Par quoi, ou par qui notre humanit\u00e9 peut-elle remplacer Dieu ? Le vivre-ensemble et la solidarit\u00e9. \u00bb<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/section>\n<\/article>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Entretien avec Adam Price, r\u00e9alisateur de la s\u00e9rie \u00a0\u00bb Au nom du P\u00e8re\u00a0\u00bb Source : 824 vues 12 oct. 2021 #CANNESERIES Si la fiction internationale se porte aussi bien, c\u2019est en grande partie gr\u00e2ce au talent du showrunner danois Adam Price. Le succ\u00e8s exceptionnel de la s\u00e9rie Borgen, une femme au pouvoir, a en effet &hellip; <a href=\"https:\/\/www.labelleviededaniel.fr\/?p=8472\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">\u00ab\u00a0Au nom du p\u00e8re\u00a0\u00bb, s\u00e9rie TV danoise<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[243,25,252,638],"tags":[639,642,641,643,640,536],"class_list":["post-8472","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-religion","category-societe","category-spiritualite","category-television","tag-au-nom-du-pere","tag-ride-upon-the-storm","tag-adam-price","tag-ann-elenora-jorgensen","tag-lars-mikkelsen","tag-serie-tv"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.labelleviededaniel.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8472","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.labelleviededaniel.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.labelleviededaniel.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.labelleviededaniel.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.labelleviededaniel.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=8472"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/www.labelleviededaniel.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8472\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":11772,"href":"https:\/\/www.labelleviededaniel.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8472\/revisions\/11772"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.labelleviededaniel.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=8472"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.labelleviededaniel.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=8472"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.labelleviededaniel.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=8472"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}